En 2015, j’ai eu l’occasion de traverser les monts du Simien à pied. La traversée de ce massif, parmi les plus hauts d’Afrique, fut à elle seule une expérience incroyable (lire l’article sur le Simien). Mais une rencontre inattendue a rendu cette aventure encore plus inoubliable.
Continuer la lecture« Le loup d’Éthiopie, le loup sur le toit de l’Afrique »
2025
Jeunes renards jouant dans les hautes herbes , France
Jeunes renards, l’apprentissage du jeu.
Dans la lumière dorée d’une prairie de fin d’été, deux jeunes renards s’adonnent à leurs jeux favoris, entre tendresse et simulacre de combat.
Ces instants de fraternité sont cruciaux dans le développement des renardeaux. Par le jeu, ils apprennent les codes sociaux de leur espèce et affinent les réflexes qui feront d’eux, plus tard, des prédateurs agiles. Blottis l’un contre l’autre au milieu des herbes hautes et des graminées roussies par le soleil, ils nous rappellent la vulnérabilité et la beauté sauvage de ces premiers mois de vie en pleine nature.
Traquet afroalpin (Pinarochroa sordida) sur un Kniphofia foliosa – Montagnes de Balé, Éthiopie
Traquet afroalpin (Pinarochroa sordida) sur un Kniphofia foliosa – Montagnes de Balé, Éthiopie.
Perché avec une agilité surprenante au sommet d’un tison de Satan, ce traquet afroalpin domine les prairies d’altitude du parc national des montagnes de Balé.
D’un point de vue ornithologique, le Traquet afroalpin est un sujet d’étude fascinant. Véritable champion de l’extrême, il est l’un des rares passereaux capables de vivre et de se reproduire jusqu’à 4 500 mètres d’altitude. Contrairement à de nombreuses espèces qui migrent vers les vallées plus clémentes à la mauvaise saison, il reste sédentaire toute l’année sur ces hauts plateaux, affrontant quotidiennement des gelées nocturnes et une raréfaction de l’oxygène.
On le retrouve ici sur un Kniphofia foliosa, plante endémique dont les inflorescences servent de perchoirs stratégiques. Ses longues pattes, visibles sur ce cliché en pleine extension, témoignent de son adaptation parfaite à la vie au sol et dans la végétation rase des landes alpines. Sa capacité à maintenir une activité constante dans un environnement aussi exigeant en fait un symbole de résilience de la faune éthiopienne.
Jeune loup d’Abyssinie scrutant le territoire de la meute
Jeune loup d’Abyssinie scrutant le territoire de la meute – Ethiopie
Perché sur un promontoire rocheux, ce jeune loup commence à adopter les postures des adultes. Encore inexpérimenté, il observe longuement les hauts plateaux, apprenant à lire le territoire et à repérer les mouvements qui l’entourent.
Chez le loup d’Abyssinie, la vigilance est un apprentissage essentiel. Chaque individu participe à la défense du domaine familial, un espace vital étroitement lié à l’abondance des rongeurs dont dépend la meute. En prenant peu à peu sa place sur les points hauts, le jeune s’initie à ce rôle fondamental, étape discrète mais décisive vers l’âge adulte.
Plage de Mesquita et ses falaises dorées, Algarve, Portugal
Falaises sculptées de la plage de Mesquita, Algarve – Portugal.
👁️ Voir la visite virtuelle 360°
Joyau discret de l’Algarve, la plage de Mesquita dévoile un paysage spectaculaire où l’érosion marine a façonné des arches et des colonnes de calcaire doré.
Située à proximité de la célèbre grotte de Benagil, Mesquita offre pourtant une atmosphère bien plus sauvage. Ses falaises abruptes, sculptées par le vent et les embruns, témoignent de la force patiente de l’Atlantique. À marée basse, le retrait de l’eau révèle des passages secrets entre les rochers et des piscines naturelles où la roche semble se dissoudre dans les nuances turquoise de l’océan.
Cette visite virtuelle permet de s’immerger au pied de ces géants de pierre et de contempler la finesse des strates géologiques qui racontent des millions d’années d’histoire sédimentaire.
Bécasseaux sanderling (Calidris alba) – Oman
Envol de Bécasseaux sanderling (Calidris alba) – Oman.
En vol groupé au-dessus des plages de la mer d’Arabie, ces migrateurs au long cours relient chaque année les rivages d’Oman aux toundras arctiques.
Toujours en mouvement, les bécasseaux sanderling longent les rivages en bandes serrées, rythmant le littoral de leurs vols rapides et synchronisés. Ces petits limicoles parcourent chaque année des milliers de kilomètres entre leurs zones de reproduction arctiques et les plages tempérées ou tropicales où ils hivernent. Sur l’estran, ils suivent inlassablement le va-et-vient des vagues, se nourrissant de minuscules invertébrés révélés par le retrait de l’eau.
La toilette de la loutre d’Europe
Après la plongée, une loutre d’europe (Lutra lutra) s’ébroue pour entretenir son pelage, indispensable à son isolation et à sa survie.
Discrète et rare, la loutre d’Europe est un bio-indicateur précieux : sa présence est le signe d’une rivière en bonne santé.
Super-prédateur situé au sommet de la chaîne alimentaire, elle doit consommer chaque jour environ 10 à 15 % de son poids corporel, soit près d’un kilogramme de nourriture (poissons, crustacés, amphibiens). Une telle abondance n’est possible que dans des milieux aquatiques riches, où une eau de qualité permet le développement des micro-organismes et des insectes à la base de cette pyramide alimentaire.
Par ailleurs, la loutre est extrêmement sensible à la bioaccumulation : les polluants chimiques, comme les métaux lourds ou les pesticides, se concentrent tout au long de la chaîne alimentaire jusqu’à elle. Sa présence active et sa reproduction réussie constituent ainsi un indicateur biologique particulièrement fiable, révélant un écosystème aquatique fonctionnel et préservé.
Loup d’Abyssinie nez au vent
Loup d’Abyssinie humant l’air des hauts plateaux, Éthiopie
Le loup d’Abyssinie (Canis simensis), aussi appelé chacal du Simien, est le canidé le plus rare au monde, endémique des hauts plateaux éthiopiens. Spécialiste de la chasse aux rongeurs, il parcourt les prairies d’altitude avec une élégance remarquable.
Sur cette photo, un individu semble humer l’air du matin, peut-être à la recherche d’une proie, ou simplement attentif aux signes discrets de son environnement. Avec moins de 500 individus à l’état sauvage, chaque observation est un privilège. Sa robe rousse, son museau effilé et sa posture alerte en font un emblème discret mais emblématique de l’Éthiopie sauvage.
Lueur lunaire sur le Rub al Khali : le silence du Quart Vide
Sous la lumière douce de la lune, le Rub al Khali se révèle dans toute sa majesté nocturne.
Sous la lumière douce de la lune, le Rub al Khali, le vaste désert de sable du sud-est de la péninsule arabique, se révèle dans toute sa majesté nocturne.
Les dunes argentées dessinent des ondulations silencieuses, tandis que le ciel étoilé s’étend à l’infini au-dessus de ce paysage d’une beauté brute et intemporelle. Une atmosphère de calme absolu et de solitude enveloppe ce désert légendaire, invitant à la contemplation et à la rêverie au cœur d’un des plus grands déserts de sable du monde.
Éclat bleu du mâle cordonbleu à joues rouges (Uraeginthus bengalus)
Un éclat bleu turquoise au cœur des buissons épineux de la savane éthiopienne.
Perché au milieu d’un buisson épineux, ce mâle Cordonbleu à joues rouges (Uraeginthus bengalus) dévoile son plumage éclatant.
Sa poitrine et son ventre d’un bleu turquoise vif sont rehaussés par une tache rouge caractéristique sur la joue. Chez la femelle, ces couleurs sont plus discrètes, le bleu étant moins étendu et la joue dépourvue de rouge. Ce contraste permet d’identifier aisément les sexes de l’espèce. Très répandu dans les savanes et zones arbustives d’Afrique subsaharienne, ce petit oiseau gracile anime le paysage éthiopien de ses couleurs vives et de ses déplacements vifs, souvent en couple ou en petits groupes.
Le Gecko des sables de l’Est (Stenodactylus leptocosymbotes) : veilleur nocturne d’Oman
Un petit bijou d’adaptation aux conditions les plus extrêmes du désert d’Oman.
Le gecko des sables de l’Est (Stenodactylus leptocosymbotes) est un habitant discret et insaisissable des zones arides d’Oman.
Reconnaissable à ses grands yeux adaptés à la vision nocturne, il sort principalement la nuit pour chasser de petits insectes. Ses pattes fines et élancées lui permettent de se déplacer avec agilité sur le sable meuble, tandis que sa coloration pâle l’aide à se fondre dans son environnement. Véritable veilleur des sables, ce petit reptile est un exemple fascinant d’adaptation aux conditions climatiques les plus rudes de la péninsule arabique.
Jeune femelle Gélada sur un cactus
Une spécialisation unique parmi les primates pour survivre dans les prairies d’altitude.
Le gélada, primate endémique des hauts plateaux d’Éthiopie, se distingue par un régime alimentaire presque exclusivement herbivore.
Contrairement à la plupart des singes, il passe la majorité de sa journée à brouter de l’herbe, à la manière des ruminants. Plus de 90 % de son alimentation est composée de pousses, de graines, de racines, de fleurs… et même de cactus, dont il consomme les parties tendres riches en eau. Cette spécialisation unique lui permet de survivre sur l’Altiplano éthiopien, où les ressources sont saisonnières. Sur cette image, une jeune femelle explore avec agilité les ressources offertes par la flore locale, témoignant de l’incroyable adaptation de l’espèce.
Le Goéland brun (Larus fuscus) : maître du vol rasant
Le goéland brun frôle la crête des vagues, en parfait équilibre entre ciel et mer.
En parfaite harmonie avec l’élément liquide, le Goéland brun (Larus fuscus) exécute une danse silencieuse au-dessus de l’océan.
Ce grand migrateur, reconnaissable à son manteau gris anthracite et ses pattes jaunes, parcourt chaque année des milliers de kilomètres pour rejoindre les côtes de l’océan Indien depuis l’Europe du Nord ou la Russie. Son vol rasant n’est pas seulement esthétique : il lui permet d’utiliser l’effet de sol pour économiser son énergie lors de ses longs déplacements côtiers. À Oman, il est un visiteur régulier des rivages, où sa silhouette élégante se détache sur le bleu profond de la mer d’Arabie.
Le Loup d’Abyssinie, sentinelle des hauts plateaux abyssins
Une silhouette qui s’immobilise, attentive, dans le silence des hauts plateaux.
À la lisière du jour, dans les vastes étendues des hauts plateaux éthiopiens, le Loup d’Abyssinie (Canis simensis) incarne l’élégance et la discrétion.
Ses pas feutrés le mènent à travers les pâturages d’altitude, où il scrute chaque mouvement dans l’herbe, à l’affût de ses proies favorites, principalement des rongeurs endémiques. Cette image révèle la profonde harmonie entre l’animal et son environnement : lignes douces, lumière diffuse, silence suspendu. Espèce en danger critique d’extinction, ce prédateur solitaire des montagnes du Simien et de Bale est un symbole de la beauté brute et fragile de l’Abyssinie.
La valse des étoiles sur les dunes du Rub al Khali (الربع الخالي)
La valse des étoiles sur les dunes du Rub al Khali (الربع الخالي).
Dans l’immensité silencieuse du Rub al Khali, plus vaste étendue sableuse de la péninsule Arabique, le ciel nocturne devient un cadran géant révélant le mouvement des astres.
Cette photographie, réalisée par pose longue, révèle le lent mouvement de la Terre sur son axe : les étoiles tracent des cercles parfaits autour du pôle céleste nord. Au premier plan, les dunes ocre s’illuminent sous la clarté lunaire. Formées par les vents dominants, elles dessinent un paysage fluide et mouvant dont les grains de sable, issus de roches sédimentaires désagrégées, sont modelés par l’érosion éolienne depuis des millénaires. Dans cette scène figée, tout parle pourtant de mouvement : celui du vent, des astres… et du temps.
Le Loup d’Abyssinie, le guetteur des hauts plateaux éthiopiens
Le Loup d’Abyssinie, le guetteur des hauts plateaux éthiopiens.
Solitaire sur les hauts plateaux d’Abyssinie, le loup d’Éthiopie scrute l’horizon, témoin fragile d’un écosystème d’altitude unique.
Ce prédateur élancé, parfaitement adapté aux grands espaces d’altitude, est aujourd’hui l’un des mammifères les plus menacés du continent africain. Victime de la fragmentation de son habitat et des maladies transmises par les chiens domestiques, il ne subsisterait qu’environ 500 individus à l’état sauvage. Sa silhouette rousse se détachant sur les landes incarne la beauté sauvage et précaire des montagnes de Bale et du Simien, où chaque individu est essentiel à la survie de cette espèce endémique.
Bioluminescence du Krill remontant en surface à la nuit tombée, (probablement Euphausia sibogae) – Mer d’Arabie, Oman
Bioluminescence du Krill remontant en surface à la nuit tombée, (probablement Euphausia sibogae) – Mer d’Arabie, Oman.
À la nuit tombée, le krill remonte des profondeurs vers la surface, entraîné par la plus grande migration animale quotidienne de la planète.
Là, balloté par les vagues, il libère une lumière froide et bleutée. Sa bioluminescence, émise par de petits organes appelés photophores, crée des éclats furtifs à la surface de l’eau. Ce scintillement transforme parfois l’océan nocturne en une mer d’étoiles vivantes, mouvante et silencieuse.
Naissance du jour sur les dunes – Désert du Rub al Khali, sultanat d’Oman
Naissance du jour sur les dunes – Désert du Rub al Khali, sultanat d’Oman.
👁️ Voir la visite virtuelle 360°
Lorsque la nuit cède lentement la place à la lumière, les dunes s’éveillent dans un souffle doré.
Les ombres glissent le long des crêtes, les couleurs s’étirent, et le désert s’offre, silencieux, dans toute sa majesté. À l’aube, chaque vague de sable devient montagne, chaque rayon de soleil une promesse d’infini.
Cette visite virtuelle permet de s’immerger au cœur de ces géants de sable et de contempler la pureté des lignes façonnées par le vent dans l’un des déserts les plus arides au monde.
Traquet du désert (Oenanthe deserti) sur la crête d’une dune – désert d’Arabie
Traquet du désert (Oenanthe deserti) sur la crête d’une dune – désert d’Arabie
Petit passereau sobre et farouche, il scrute l’horizon brûlant depuis les hauteurs, maître des sables et des silences.
Mâle Nyala de montagne (Tragelaphus buxtoni) – Montagne de Bale, Ethiopie
Mâle Nyala de montagne (Tragelaphus buxtoni) – Montagne de Bale, Ethiopie
Timide et discret, le nyala de montagne vit uniquement sur les hauts plateaux d’Éthiopie, entre landes d’altitude, forêts de bruyères et clairières ombragées. On estime qu’il reste à l’état sauvage entre 2 000 et 4 000 individus, la majorité étant concentrée dans les montagnes du Balé, au cœur du dernier refuge de l’espèce.
Chez les mâles, la silhouette est majestueuse : plus grands, plus sombres que les femelles, ils portent de longues cornes spiralées et une crinière noire qui se dresse en cas de tension ou de parade. Ces attributs font d’eux des spectres élégants des forêts d’altitude, rares et insaisissables.
Sterne voyageuse (Thalasseus bengalensis) survolant les vagues au crépuscule – côte d’Oman, mer d’Arabie
Sterne voyageuse (Thalasseus bengalensis) survolant les vagues au crépuscule – côte d’Oman, mer d’Arabie.
La lumière dorée du soir accompagne ce grand migrateur côtier, élégant et rapide, fidèle aux rivages tropicaux.

