Brésil: Le Boto, dauphin rose de l’Amazonie

Il y a entre 23 et 7 millions d’années, à une époque appelée le miocène, l’Amazonie était recouverte par intermittence d’eau de mer. Des cétacés marins vivaient alors dans la région. Lorsque la mer s’est retirée définitivement de l’Amazonie, une espèce se serait adaptée afin de continuer à vivre dans les rivières qui redessinaient ensuite le paysage amazonien. Cette espèce est devenue le Boto, connu également comme étant le dauphin rose de l’Amazonie.

Aire de répartition du Boto

Aire de répartition du genre Inia. En vert la zone colonisée par Inia g. geoffrensis, le « Boto ».

Dans le bassin amazonien, les eaux des rivières peuvent avoir différentes couleurs. Certaines sont ocre-jaune (parfois blanchâtres), chargées d’argile, comme le fleuve Amazone, où la visibilité est nulle. D’autres, comme le Rio Negro, sont des « eaux noires » : très acides, elles tirent leur couleur de la forte concentration en fer et de la matière organique en décomposition. Malgré cette teinte de thé trop infusé, l’eau n’est pas trouble. Même s’il fait presque nuit dès que l’on plonge à plus de 1 ou 2 mètres, il est possible d’y réaliser des photographies intéressantes de Botos.

Boto à la surface

À la surface, on observe la couleur rosée caractéristique du Boto.

Dauphin rose sous l'eau

Dans les eaux couleur de thé du Rio Negro, le dauphin semble avoir une couleur orangée.

Le Boto adulte mesure environ 2,80 mètres pour 150 kg chez le mâle. Les femelles sont plus petites (environ 2 mètres pour 100 kg). Ce dauphin vit exclusivement en eau douce. On l’observe au Pérou, en Équateur et en Bolivie, mais c’est au Brésil qu’il est le plus présent. Les dauphins roses comptent parmi les cinq espèces de cétacés les plus intelligentes au monde. Très sociables, ils se laissent approcher facilement mais ne deviennent agressifs que s’ils se sentent menacés.

Obscurité sous-marine Rio Negro

L’obscurité se fait au fur et à mesure que la profondeur augmente. À seulement quelques mètres, il fait nuit noire.

Dauphin perçant la surface

Dauphin perçant la surface de son museau.

Adaptations morphologiques : Contrairement à ses cousins marins, le Boto possède une nageoire dorsale très courte pour ne pas être entravé par les racines immergées. Ses vertèbres cervicales ne sont pas soudées, lui conférant une souplesse incroyable : il peut pivoter la tête à 90°, ce qui facilite ses déplacements lorsqu’il se faufile entre les arbres en zone inondée.

Nageoire dorsale courte Boto

Il utilise l’écholocation via un sonar frontal sophistiqué pour chasser dans les eaux boueuses. Le Boto possède aussi des vibrisses (le seul dauphin à en avoir). Ces poils sur le museau transmettent les vibrations environnantes, comme les moustaches d’un chat, permettant de détecter les poissons avec précision malgré la faible visibilité.

Boto en lévitation

L’origine de la couleur : Les jeunes sont gris. Une théorie suggère que la couleur rose des adultes provient de leur caractère bagarreur. Le Boto aime jouer et mordiller ses congénères, surtout les mâles. Les tissus cicatriciels étant roses, les Botos prennent au fil des combats leur couleur caractéristique.

Peau cicatrisée Boto

Un Boto et sa peau cicatrisée.

Interactions entre dauphins

La reproduction a lieu entre septembre et décembre (eaux basses). Après 10 à 11 mois de gestation, la femelle donne naissance à un unique petit gris de 80 cm (eaux hautes). L’allaitement dure un an, et le jeune devient indépendant après deux ou trois ans. La maturité sexuelle se situe entre 6 et 10 ans.

Boto dans son habitat

Le Boto consomme environ 3 kg de poissons par jour (2,5 % de sa masse). Sa mâchoire puissante lui permet aussi de briser la carapace des crabes ou des tortues de rivière.

Boto en chasse

Légendes et Folklore : On raconte que le Boto peut sortir de l’eau et prendre forme humaine pour séduire les jeunes filles lors des fêtes, en cachant son évent sous un chapeau. Cette légende a longtemps servi d’explication aux grossesses imprévues. D’autres récits parlent de pêcheurs protégeant leurs barques avec de l’ail, ou d’une sirène reine des Botos entraînant les hommes au fond du fleuve.

Sirène du Rio Negro

La Sirène du Rio Negro.

Boto mystique

Boto mystique.

Aujourd’hui, la survie du Boto est compromise par le braconnage (utilisé comme appât pour le Piracatinga), la pollution minière et les barrages. Environ 7 000 Botos sont tués chaque année. On espère qu’il ne disparaîtra pas totalement comme son cousin chinois, le dauphin Baiji.

Famille Boto


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— Ressources complémentaires —

Le Boto sur Wikipedia


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