Surnommé la “Perle Bleue” en raison de la pureté de son eau, le lac Khövsgöl (en mongol : ᠺᠥᠪᠰᠦᠭᠦᠯ) est un lieu sacré pour les habitants de la région. Ces derniers le désignent sous l’appellation de « Mère ». Les images présentées ici ont été réalisées en période estivale, lors d’un voyage à cheval de plusieurs semaines sur les rives du lac. En plus d’offrir une vue sur le lac, ces photos présentent également les habitants rencontrés lors du voyage.
Situation du Lac Khövsgöl
Le lac Khövsgöl se situe dans le nord du pays, proche de la frontière avec la Russie, dans la province éponyme : L’ « aïmag de Khövsgöl » (en mongol cyrillique : Хөвсгөл аймаг). La densité de population dans cette province n’est que de 1,2 hab./km2 (la moyenne pour la Mongolie est de 1,7 hab./km2).
Le lac Khövsgöl a une longueur de 136 km, et a une largeur de 36 km. Sa profondeur maximale est de 262 mètres. Cela en fait le deuxième plus grand lac et le plus profond des lacs de Mongolie. Ce lac contient près de 70% de l’eau potable de Mongolie et son volume de 480 km³ en fait le 19ème lac le plus volumineux du monde.
Poursuite dans la steppe : Un cavalier Darkhad (groupe ethnique mongol vivant dans la région) réunit une harde de chevaux. Comme lui, de plus en plus de cavaliers utilisent aujourd’hui des motos pour se faciliter certaines tâches, comme celle de réunir le troupeau.
Au coucher du soleil, vue sur Delgerkhaan, la chaîne de montagne située sur la rive Ouest du Khövsgöl nuur.
Le soir venu, une bergère effectue la deuxième traite de la journée. Chaque famille élève des vaches, chèvres, moutons, mais parfois aussi des yaks. L’agriculture est très peu présente en Mongolie. Seulement 0,6% du territoire est utilisé pour l’agriculture (À titre de comparaison, plus de 33% du territoire français est utilisé par l’agriculture – valeur année 2015).
Cavaliers aux abords du Lac.
La “Ger”, qui signifie en mongol “Famille” est l’habitat traditionnel du pays. Les étrangers appellent à tort cet habitat “Yourte” qui est en réalité le mot russe pour désigner ce type d’habitation. Une Ger offre une surface de 15 à 30 mètres carrés à ses occupants. Deux Mongols sont capables de monter cette habitation en 45 minutes environ. Et le démontage/pliage se fera en seulement 30 minutes. La structure est en bois et est recouverte de feutre. Par ses propriétés isolantes, le feutre permet de conserver un peu de fraîcheur à l’intérieur pendant l’été. En hiver, combiné au poêle à bois, le feutre permet de garder la famille au chaud malgré des températures extérieures très froides.
Le lac Khövsgöl est un cousin du lac Baïkal. Ce dernier, mondialement connu, se situe en Sibérie, 195 km plus au nord. Ces deux lacs ont été formés par le même mouvement de plaques tectoniques. Le lac Khövsgöl serait âgé de 2 à 5 millions d’années.
Tour de vélo dans la steppe.
Dans cette région sujette à la sécheresse, le lac Khövsgöl fournit une eau pure aux trois groupes ethniques majoritaires de la région (les Darkhads, les Bouriates et les Tsaatanes) et est ainsi considéré comme sacré par les populations locales.
Ce petit ruisseau émergeant de la Taïga ira grossir l’une des 96 rivières qui se jettent dans le lac Khövsgöl. Ainsi, même si près d’une centaine de rivières alimentent en eau le lac Khövsgöl, une seule en ressort, il s’agit de la rivière Eg. Cette rivière parcourt alors 1000 km avant de finir sa course dans le lac Baïkal, situé en Russie. La Taïga, visible au fond, est la plus grande forêt au monde (elle recouvre 10% des terres émergées de la planète). Cette forêt est peu présente en Mongolie, mais sa lisière se situe à l’extrême nord du pays, à proximité du lac Khövsgöl.
Kushi et sa grand-mère.
Bois mort sur une berge du lac Khövsgöl.
La vallée Darkhad (en mongol cyrillique : Дархадын хотгор) : La chaîne de montagne qui longe la côte ouest du lac Khövsgöl est elle-même entourée de la vallée Darkhad. Cette vallée, recouverte de steppes, sert de pâture aux troupeaux des éleveurs.
Fleur au bord du lac. En second plan, on peut apercevoir la rive est du lac. Contrairement à la rive Ouest qui est montagneuse, la rive Est a un relief très plat.
Ce cheval observe son cavalier qui observe lui-même un autre cheval. Ce second cheval étant la monture du Toucan.
Chuluun (ce nom signifie “Pierre”, “Roc”) et sa petite sœur Kushi (ce nom signifie “vie heureuse”). En Mongolie, les prénoms masculins désignent souvent une caractéristique que les parents souhaitent trouver chez leur enfant. Bat (Fort), Bold (Acier), Chuluun (Pierre/Roche) sont des noms que l’on rencontre fréquemment chez les hommes. Les femmes quant à elles portent souvent des noms de fleur ou de qualités, tels Oyuun (Sagesse), Udval (Chrysanthème), Narantsetseg (Tournesol), etc.
En raison des dérèglements climatiques de ces dernières années, il est de plus en plus difficile pour les éleveurs d’assurer la survie de leur troupeau. Les “dzud” ont en effet tendance à se multiplier. Un “dzud” est un phénomène climatique qui se caractérise par un hiver très rude. Les températures peuvent ainsi chuter jusqu’à -40°C ou -50°C pendant des mois. De plus, si les précipitations sont importantes, le manteau neigeux sera trop épais pour permettre aux troupeaux d’accéder à la nourriture. Si cet hiver rigoureux succède ou est suivi par un été caniculaire, les bêtes ne pouvant pas régénérer leurs réserves de graisses succombent par milliers. L’hiver 2009/2010, un “dzud” très violent a frappé les steppes mongoles : plus de 8,5 millions de têtes de bétail sont mortes, soit environ 20% de l’ensemble des troupeaux mongols. L’hiver 2015/2016 a encore été très dur à encaisser par les animaux. 858 100 bêtes avaient déjà péri des suites de cet hiver au 7 Avril 2016.
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