La toilette de la loutre d’Europe

La toilette de la loutre d'Europe (Lutra lutra) s'ébrouant après la plongée, Espagne

Après la plongée, une loutre d’europe (Lutra lutra) s’ébroue pour entretenir son pelage, indispensable à son isolation et à sa survie.

Discrète et rare, la loutre d’Europe est un bio-indicateur précieux : sa présence est le signe d’une rivière en bonne santé.

Super-prédateur situé au sommet de la chaîne alimentaire, elle doit consommer chaque jour environ 10 à 15 % de son poids corporel, soit près d’un kilogramme de nourriture (poissons, crustacés, amphibiens). Une telle abondance n’est possible que dans des milieux aquatiques riches, où une eau de qualité permet le développement des micro-organismes et des insectes à la base de cette pyramide alimentaire.

Par ailleurs, la loutre est extrêmement sensible à la bioaccumulation : les polluants chimiques, comme les métaux lourds ou les pesticides, se concentrent tout au long de la chaîne alimentaire jusqu’à elle. Sa présence active et sa reproduction réussie constituent ainsi un indicateur biologique particulièrement fiable, révélant un écosystème aquatique fonctionnel et préservé.

La Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) : acrobate des sous-bois

Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) posée sur une branche dans un sous-bois

Dans la lumière douce du sous-bois, une Mésange bleue se pose un instant.

Éclat de couleurs et de vivacité, la Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) apporte une touche de vie indispensable au silence de la forêt.

Véritable alliée des écosystèmes, cette petite acrobate joue un rôle crucial de régulatrice. En période de reproduction, un seul couple peut capturer jusqu’à 10 000 insectes et larves (notamment des chenilles défoliatrices) pour nourrir une seule nichée. Sa présence est le signe d’un milieu boisé diversifié offrant à la fois des sites de nidification et une ressource alimentaire abondante.

L’Apollon : un survivant de l’ère glaciaire

Papillon Apollon (Parnassius apollo rhodopensis) déployant ses ailes dans les montagnes

Un vol lent et puissant, porté par les courants thermiques des sommets.

Relique des époques glaciaires, l’Apollon est l’un des rares papillons capables de vivre à des altitudes dépassant les 2 000 mètres.

Son corps trapu est recouvert d’une fine pilosité noire qui agit comme un manteau thermique, lui permettant de capter la moindre calorie solaire dès l’aube. Contrairement à beaucoup d’autres papillons, son vol est lourd, presque planant, rappelant celui d’un petit oiseau. Cette économie d’énergie est vitale dans un environnement où le vent et le froid règnent. Observer cette silhouette blanche se détacher sur le bleu profond du ciel alpin reste l’un des moments les plus magiques pour un photographe de montagne.

Loup d’Abyssinie nez au vent

Loup d’Abyssinie (Canis simensis) humant l’air des hauts plateaux – Montagnes de Bale, Éthiopie

Loup d’Abyssinie humant l’air des hauts plateaux, Éthiopie

Le loup d’Abyssinie (Canis simensis), aussi appelé chacal du Simien, est le canidé le plus rare au monde, endémique des hauts plateaux éthiopiens. Spécialiste de la chasse aux rongeurs, il parcourt les prairies d’altitude avec une élégance remarquable.

Sur cette photo, un individu semble humer l’air du matin, peut-être à la recherche d’une proie, ou simplement attentif aux signes discrets de son environnement. Avec moins de 500 individus à l’état sauvage, chaque observation est un privilège. Sa robe rousse, son museau effilé et sa posture alerte en font un emblème discret mais emblématique de l’Éthiopie sauvage.

Éclat bleu du mâle cordonbleu à joues rouges (Uraeginthus bengalus)

Mâle Cordonbleu à joues rouges (Uraeginthus bengalus) perché dans un buisson épineux, Éthiopie

Un éclat bleu turquoise au cœur des buissons épineux de la savane éthiopienne.

Perché au milieu d’un buisson épineux, ce mâle Cordonbleu à joues rouges (Uraeginthus bengalus) dévoile son plumage éclatant.

Sa poitrine et son ventre d’un bleu turquoise vif sont rehaussés par une tache rouge caractéristique sur la joue. Chez la femelle, ces couleurs sont plus discrètes, le bleu étant moins étendu et la joue dépourvue de rouge. Ce contraste permet d’identifier aisément les sexes de l’espèce. Très répandu dans les savanes et zones arbustives d’Afrique subsaharienne, ce petit oiseau gracile anime le paysage éthiopien de ses couleurs vives et de ses déplacements vifs, souvent en couple ou en petits groupes.

L’Hirondelle du désert (Ptyonoprogne obsoleta) : messagère des sables

Hirondelle du désert (Ptyonoprogne obsoleta) en vol au-dessus du désert, Algérie

Silencieuse et légère, elle fend l’air brûlant comme une flèche brune.

Silencieuse et légère, l’hirondelle du désert (Ptyonoprogne obsoleta) fend l’air brûlant comme une flèche brune.

Elle dessine des arabesques au-dessus des dunes, fidèle compagne du vent et de la lumière. Sa silhouette fugace semble flotter entre ciel et terre, rappelant que même au cœur de l’immensité minérale, la vie sait trouver son espace et danser avec grâce. Cette espèce, parfaitement adaptée aux milieux arides, niche souvent dans les parois rocheuses des canyons et des oueds sahariens.

Le Gecko des sables de l’Est (Stenodactylus leptocosymbotes) : veilleur nocturne d’Oman

Gecko des sables de l’Est (Stenodactylus leptocosymbotes) photographié de nuit dans le désert, Oman

Un petit bijou d’adaptation aux conditions les plus extrêmes du désert d’Oman.

Le gecko des sables de l’Est (Stenodactylus leptocosymbotes) est un habitant discret et insaisissable des zones arides d’Oman.

Reconnaissable à ses grands yeux adaptés à la vision nocturne, il sort principalement la nuit pour chasser de petits insectes. Ses pattes fines et élancées lui permettent de se déplacer avec agilité sur le sable meuble, tandis que sa coloration pâle l’aide à se fondre dans son environnement. Véritable veilleur des sables, ce petit reptile est un exemple fascinant d’adaptation aux conditions climatiques les plus rudes de la péninsule arabique.

Jeune femelle Gélada sur un cactus

Jeune femelle Gélada (Theropithecus gelada) perchée sur un cactus, Éthiopie

Une spécialisation unique parmi les primates pour survivre dans les prairies d’altitude.

Le gélada, primate endémique des hauts plateaux d’Éthiopie, se distingue par un régime alimentaire presque exclusivement herbivore.

Contrairement à la plupart des singes, il passe la majorité de sa journée à brouter de l’herbe, à la manière des ruminants. Plus de 90 % de son alimentation est composée de pousses, de graines, de racines, de fleurs… et même de cactus, dont il consomme les parties tendres riches en eau. Cette spécialisation unique lui permet de survivre sur l’Altiplano éthiopien, où les ressources sont saisonnières. Sur cette image, une jeune femelle explore avec agilité les ressources offertes par la flore locale, témoignant de l’incroyable adaptation de l’espèce.

Le Goéland brun (Larus fuscus) : maître du vol rasant

Goéland brun (Larus fuscus) en vol rasant au-dessus des vagues, Oman

Le goéland brun frôle la crête des vagues, en parfait équilibre entre ciel et mer.

En parfaite harmonie avec l’élément liquide, le Goéland brun (Larus fuscus) exécute une danse silencieuse au-dessus de l’océan.

Ce grand migrateur, reconnaissable à son manteau gris anthracite et ses pattes jaunes, parcourt chaque année des milliers de kilomètres pour rejoindre les côtes de l’océan Indien depuis l’Europe du Nord ou la Russie. Son vol rasant n’est pas seulement esthétique : il lui permet d’utiliser l’effet de sol pour économiser son énergie lors de ses longs déplacements côtiers. À Oman, il est un visiteur régulier des rivages, où sa silhouette élégante se détache sur le bleu profond de la mer d’Arabie.

Le Loup d’Abyssinie, sentinelle des hauts plateaux abyssins

Loup d’Abyssinie (Canis simensis) debout dans les hautes herbes, Éthiopie

Une silhouette qui s’immobilise, attentive, dans le silence des hauts plateaux.

À la lisière du jour, dans les vastes étendues des hauts plateaux éthiopiens, le Loup d’Abyssinie (Canis simensis) incarne l’élégance et la discrétion.

Ses pas feutrés le mènent à travers les pâturages d’altitude, où il scrute chaque mouvement dans l’herbe, à l’affût de ses proies favorites, principalement des rongeurs endémiques. Cette image révèle la profonde harmonie entre l’animal et son environnement : lignes douces, lumière diffuse, silence suspendu. Espèce en danger critique d’extinction, ce prédateur solitaire des montagnes du Simien et de Bale est un symbole de la beauté brute et fragile de l’Abyssinie.

Requin-baleine (Rhincodon typus) – Djibouti

Requin-baleine

Requin-baleine (Rhincodon typus) – Djibouti

 

Dans les eaux sombres et profondes du golfe de Tadjourah, au large de Djibouti, surgit une silhouette majestueuse : le requin-baleine (Rhincodon typus), plus grand poisson du monde. Avec une gueule béante, il filtre des milliers de litres d’eau chaque heure, prélevant le plancton et les minuscules proies en suspension dans l’océan. Malgré ses 12 à 18 mètres de long, ce géant est totalement inoffensif pour l’homme.
Son régime alimentaire est basé sur une stratégie simple mais redoutablement efficace : il nage lentement, bouche ouverte, filtrant jusqu’à 6000 litres d’eau par heure. Chaque jour, il peut ingérer plusieurs dizaines de kilos de plancton, de larves de poisson et de petits crustacés. Les eaux riches de Djibouti, notamment entre octobre et février, attirent ces colosses en quête de nourriture, offrant des rencontres rares et inoubliables.

Le Loup d’Abyssinie, le guetteur des hauts plateaux éthiopiens

Le

Le Loup d’Abyssinie, le guetteur des hauts plateaux éthiopiens

 

Solitaire sur les hauts plateaux d’Abyssinie, le loup d’Éthiopie scrute l’horizon. Ce prédateur élancé, parfaitement adapté aux grands espaces d’altitude, est aujourd’hui l’un des mammifères les plus menacés du continent africain. Victime de la fragmentation de son habitat et des maladies transmises par les chiens domestiques, il ne subsisterait qu’environ 500 individus à l’état sauvage.

Bioluminescence du Krill remontant en surface à la nuit tombée, (probablement Euphausia sibogae) – Mer d’Arabie, Oman

Bioluminescence

Bioluminescence du Krill remontant en surface à la nuit tombée, (probablement Euphausia sibogae) – Mer d’Arabie, Oman

 

À la nuit tombée, le krill remonte des profondeurs vers la surface, entraîné par la plus grande migration animale quotidienne de la planète. Là, balloté par les vagues, il libère une lumière froide et bleutée. Sa bioluminescence, émise par de petits organes appelés photophores, crée des éclats furtifs à la surface de l’eau. Ce scintillement, à la fois camouflage et langage, transforme parfois l’océan nocturne en une mer d’étoiles vivantes, mouvante et silencieuse.

Raies mobulas (Mobula tarapacana), Diables des mers ou géants pacifiques? – Açores, Portugal

Raies

Raies mobulas (Mobula tarapacana), Diables des mers ou géants pacifiques? – Açores, Portugal

 

Les raies mobula, cousines des majestueuses raies mantas, ont longtemps été surnommées « diables de mer » par les pêcheurs du monde entier.
Leur silhouette impressionnante, leurs deux excroissances céphaliques en forme de cornes, leur aiguillon situé à la base de la nageoire dorsale, et surtout leur habitude spectaculaire de bondir hors de l’eau, ont nourri bien des peurs et des légendes.

Parmi les récits les plus fantasques, on racontait que les mobulas pouvaient saisir l’ancre des bateaux avec leurs cornes enroulées pour entraîner les embarcations dans les abysses.
Inoffensives pourtant pour l’homme, elles furent aussi accusées de piéger les pêcheurs de perles ou les apnéistes sous leur immense « manteau » pour les noyer.

Ces croyances, nées de l’ignorance et de l’imaginaire marin, contrastent aujourd’hui avec la fascination que suscite leur élégance, leur puissance tranquille, et leur rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes marins.

Mâle Nyala de montagne (Tragelaphus buxtoni) – Montagne de Bale, Ethiopie

Mâle

Mâle Nyala de montagne (Tragelaphus buxtoni) – Montagne de Bale, Ethiopie

 

Timide et discret, le nyala de montagne vit uniquement sur les hauts plateaux d’Éthiopie, entre landes d’altitude, forêts de bruyères et clairières ombragées. On estime qu’il reste à l’état sauvage entre 2 000 et 4 000 individus, la majorité étant concentrée dans les montagnes du Balé, au cœur du dernier refuge de l’espèce.

Chez les mâles, la silhouette est majestueuse : plus grands, plus sombres que les femelles, ils portent de longues cornes spiralées et une crinière noire qui se dresse en cas de tension ou de parade. Ces attributs font d’eux des spectres élégants des forêts d’altitude, rares et insaisissables.

Meute de Loups d’Abyssinie en patrouille dans les montagnes de Balé (Canis simensis), Ethiopie


Meute

Meute de Loups d’Abyssinie en patrouille dans les montagnes de Balé (Canis simensis), Ethiopie

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Les loups d’Abyssinie se nourrissent presque exclusivement de rongeurs. Leur habitat se limite aux hauts plateaux et aux montagnes éthiopiennes, où la densité de rongeurs est particulièrement élevée. Dans les montagnes du Balé, où cette photo a été prise, on recense jusqu’à 6 000 rongeurs par kilomètre carré.

Ce régime alimentaire a façonné leur comportement : à la différence des autres espèces de loups, qui chassent en meute de grandes proies, les loups d’Abyssinie mènent des chasses solitaires.
Pourtant, chaque matin, avant de se disperser pour traquer leur gibier, les membres du clan effectuent ensemble une patrouille sur leur territoire.

Ce jour-là, six loups du clan Meguiti arpentaient les terres qu’ils défendent, veillant à ce qu’aucun intrus ne s’y aventure.

Poisson-fantôme arlequin (Solenostomus paradoxus) – Indonésie

Poisson-fantôme

Poisson-fantôme arlequin (Solenostomus paradoxus) – Indonésie

 

Étrange et délicat, Solenostomus paradoxus défie le regard. Ce poisson-fantôme arlequin, maître du camouflage, se fond parfaitement dans les branchies des gorgones ou les herbiers marins, mimant les formes et les couleurs de son environnement. Suspendu tête en bas, il semble disparaître dans le décor, échappant ainsi aux prédateurs. Son mimétisme spectaculaire en fait l’un des plus fascinants illusionnistes des récifs tropicaux.

Couple de Cincles plongeurs (Cinclus cinclus) – Espagne

Couple

Couple de Cincles plongeurs (Cinclus cinclus) – Espagne

 

Petit oiseau des rivières vives, le cincle plongeur étonne par son mode de vie aquatique. Capable de marcher sous l’eau grâce au courant, il chasse insectes aquatiques, larves et petits crustacés sur le fond des torrents. Chez ce discret habitant des eaux fraîches, le lien du couple est renforcé par des échanges de nourriture : le mâle nourrit parfois la femelle, un geste qui scelle leur union avant la nidification.

Japon: Un singe à l’habitude surprenante

Les snow monkeys (en japonais, nihonzaru 日本猿) ou macaques japonais (Macaca fuscata) représentent la seule espèce de primate vivant à l’état sauvage au Japon. Cette espèce est d’ailleurs endémique de l’archipel nippon. Ces singes sont principalement présents dans les régions montagneuses, à des altitudes variant de 500 à 2 500 mètres. En hiver, lorsque les températures deviennent rigoureuses, ce singe a pris une habitude surprenante : celle de se plonger dans des sources d’eau chaude afin de se réchauffer !

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Jeu chez le Loup d’Abyssinie (Canis simensis), Ethiopie

Jeu

Jeu chez le Loup d’Abyssinie (Canis simensis), Ethiopie

 

Deux adultes Loups d’Abyssinie s’affrontent dans une joute énergique — peut-être un jeu, peut-être un rappel des hiérarchies — sous l’œil attentif et curieux d’un jeune louveteau. Ces scènes de complicité, de force et de transmission sont le cœur du lien social chez le loup d’Abyssinie. Ici, dans la poussière et l’élan, c’est toute une société qui s’exprime.

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