En 2015, j’ai eu l’occasion de traverser les monts du Simien à pied. La traversée de ce massif, parmi les plus hauts d’Afrique, fut à elle seule une expérience incroyable (lire l’article sur le Simien). Mais une rencontre inattendue a rendu cette aventure encore plus inoubliable.
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Éthiopie
Traquet afroalpin (Pinarochroa sordida) sur un Kniphofia foliosa – Montagnes de Balé, Éthiopie
Traquet afroalpin (Pinarochroa sordida) sur un Kniphofia foliosa – Montagnes de Balé, Éthiopie.
Perché avec une agilité surprenante au sommet d’un tison de Satan, ce traquet afroalpin domine les prairies d’altitude du parc national des montagnes de Balé.
D’un point de vue ornithologique, le Traquet afroalpin est un sujet d’étude fascinant. Véritable champion de l’extrême, il est l’un des rares passereaux capables de vivre et de se reproduire jusqu’à 4 500 mètres d’altitude. Contrairement à de nombreuses espèces qui migrent vers les vallées plus clémentes à la mauvaise saison, il reste sédentaire toute l’année sur ces hauts plateaux, affrontant quotidiennement des gelées nocturnes et une raréfaction de l’oxygène.
On le retrouve ici sur un Kniphofia foliosa, plante endémique dont les inflorescences servent de perchoirs stratégiques. Ses longues pattes, visibles sur ce cliché en pleine extension, témoignent de son adaptation parfaite à la vie au sol et dans la végétation rase des landes alpines. Sa capacité à maintenir une activité constante dans un environnement aussi exigeant en fait un symbole de résilience de la faune éthiopienne.
Jeune loup d’Abyssinie scrutant le territoire de la meute
Jeune loup d’Abyssinie scrutant le territoire de la meute – Ethiopie
Perché sur un promontoire rocheux, ce jeune loup commence à adopter les postures des adultes. Encore inexpérimenté, il observe longuement les hauts plateaux, apprenant à lire le territoire et à repérer les mouvements qui l’entourent.
Chez le loup d’Abyssinie, la vigilance est un apprentissage essentiel. Chaque individu participe à la défense du domaine familial, un espace vital étroitement lié à l’abondance des rongeurs dont dépend la meute. En prenant peu à peu sa place sur les points hauts, le jeune s’initie à ce rôle fondamental, étape discrète mais décisive vers l’âge adulte.
Loup d’Abyssinie nez au vent
Loup d’Abyssinie humant l’air des hauts plateaux, Éthiopie
Le loup d’Abyssinie (Canis simensis), aussi appelé chacal du Simien, est le canidé le plus rare au monde, endémique des hauts plateaux éthiopiens. Spécialiste de la chasse aux rongeurs, il parcourt les prairies d’altitude avec une élégance remarquable.
Sur cette photo, un individu semble humer l’air du matin, peut-être à la recherche d’une proie, ou simplement attentif aux signes discrets de son environnement. Avec moins de 500 individus à l’état sauvage, chaque observation est un privilège. Sa robe rousse, son museau effilé et sa posture alerte en font un emblème discret mais emblématique de l’Éthiopie sauvage.
Éclat bleu du mâle cordonbleu à joues rouges (Uraeginthus bengalus)
Un éclat bleu turquoise au cœur des buissons épineux de la savane éthiopienne.
Perché au milieu d’un buisson épineux, ce mâle Cordonbleu à joues rouges (Uraeginthus bengalus) dévoile son plumage éclatant.
Sa poitrine et son ventre d’un bleu turquoise vif sont rehaussés par une tache rouge caractéristique sur la joue. Chez la femelle, ces couleurs sont plus discrètes, le bleu étant moins étendu et la joue dépourvue de rouge. Ce contraste permet d’identifier aisément les sexes de l’espèce. Très répandu dans les savanes et zones arbustives d’Afrique subsaharienne, ce petit oiseau gracile anime le paysage éthiopien de ses couleurs vives et de ses déplacements vifs, souvent en couple ou en petits groupes.
Jeune femelle Gélada sur un cactus
Une spécialisation unique parmi les primates pour survivre dans les prairies d’altitude.
Le gélada, primate endémique des hauts plateaux d’Éthiopie, se distingue par un régime alimentaire presque exclusivement herbivore.
Contrairement à la plupart des singes, il passe la majorité de sa journée à brouter de l’herbe, à la manière des ruminants. Plus de 90 % de son alimentation est composée de pousses, de graines, de racines, de fleurs… et même de cactus, dont il consomme les parties tendres riches en eau. Cette spécialisation unique lui permet de survivre sur l’Altiplano éthiopien, où les ressources sont saisonnières. Sur cette image, une jeune femelle explore avec agilité les ressources offertes par la flore locale, témoignant de l’incroyable adaptation de l’espèce.
Le Loup d’Abyssinie, sentinelle des hauts plateaux abyssins
Une silhouette qui s’immobilise, attentive, dans le silence des hauts plateaux.
À la lisière du jour, dans les vastes étendues des hauts plateaux éthiopiens, le Loup d’Abyssinie (Canis simensis) incarne l’élégance et la discrétion.
Ses pas feutrés le mènent à travers les pâturages d’altitude, où il scrute chaque mouvement dans l’herbe, à l’affût de ses proies favorites, principalement des rongeurs endémiques. Cette image révèle la profonde harmonie entre l’animal et son environnement : lignes douces, lumière diffuse, silence suspendu. Espèce en danger critique d’extinction, ce prédateur solitaire des montagnes du Simien et de Bale est un symbole de la beauté brute et fragile de l’Abyssinie.
Le Loup d’Abyssinie, le guetteur des hauts plateaux éthiopiens
Le Loup d’Abyssinie, le guetteur des hauts plateaux éthiopiens.
Solitaire sur les hauts plateaux d’Abyssinie, le loup d’Éthiopie scrute l’horizon, témoin fragile d’un écosystème d’altitude unique.
Ce prédateur élancé, parfaitement adapté aux grands espaces d’altitude, est aujourd’hui l’un des mammifères les plus menacés du continent africain. Victime de la fragmentation de son habitat et des maladies transmises par les chiens domestiques, il ne subsisterait qu’environ 500 individus à l’état sauvage. Sa silhouette rousse se détachant sur les landes incarne la beauté sauvage et précaire des montagnes de Bale et du Simien, où chaque individu est essentiel à la survie de cette espèce endémique.
Mâle Nyala de montagne (Tragelaphus buxtoni) – Montagne de Bale, Ethiopie
Mâle Nyala de montagne (Tragelaphus buxtoni) – Montagne de Bale, Ethiopie
Timide et discret, le nyala de montagne vit uniquement sur les hauts plateaux d’Éthiopie, entre landes d’altitude, forêts de bruyères et clairières ombragées. On estime qu’il reste à l’état sauvage entre 2 000 et 4 000 individus, la majorité étant concentrée dans les montagnes du Balé, au cœur du dernier refuge de l’espèce.
Chez les mâles, la silhouette est majestueuse : plus grands, plus sombres que les femelles, ils portent de longues cornes spiralées et une crinière noire qui se dresse en cas de tension ou de parade. Ces attributs font d’eux des spectres élégants des forêts d’altitude, rares et insaisissables.
Meute de Loups d’Abyssinie en patrouille dans les montagnes de Balé (Canis simensis), Ethiopie
Meute de Loups d’Abyssinie en patrouille dans les montagnes de Balé (Canis simensis), Ethiopie
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Les loups d’Abyssinie se nourrissent presque exclusivement de rongeurs. Leur habitat se limite aux hauts plateaux et aux montagnes éthiopiennes, où la densité de rongeurs est particulièrement élevée. Dans les montagnes du Balé, où cette photo a été prise, on recense jusqu’à 6 000 rongeurs par kilomètre carré.
Ce régime alimentaire a façonné leur comportement : à la différence des autres espèces de loups, qui chassent en meute de grandes proies, les loups d’Abyssinie mènent des chasses solitaires.
Pourtant, chaque matin, avant de se disperser pour traquer leur gibier, les membres du clan effectuent ensemble une patrouille sur leur territoire.
Ce jour-là, six loups du clan Meguiti arpentaient les terres qu’ils défendent, veillant à ce qu’un intrus ne s’y aventure.
Jeu chez le Loup d’Abyssinie (Canis simensis), Ethiopie
Jeu chez le Loup d’Abyssinie (Canis simensis), Ethiopie
Deux adultes Loups d’Abyssinie s’affrontent dans une joute énergique — peut-être un jeu, peut-être un rappel des hiérarchies — sous l’œil attentif et curieux d’un jeune louveteau. Ces scènes de complicité, de force et de transmission sont le cœur du lien social chez le loup d’Abyssinie. Ici, dans la poussière et l’élan, c’est toute une société qui s’exprime.
Ethiopie: Le sel du lac Karoum
Le lac Karoum est un lac salé se trouvant en Éthiopie, à l’extrémité nord de la vallée du grand rift. Ce lac, ainsi que les volcans du Dallol et de l’Erta Alé sont parmi les paysages les plus improbables de la dépression du Danakil. Ce lieu offre également un spectacle hors du temps. En effet, perpétuant une tradition séculaire, des Tigréens voyagent jusqu’au lac Karoum depuis les hauts plateaux éthiopiens, suivis par de longues caravanes de dromadaires et d’ânes afin de récupérer sur les zones asséchées du lac des plaques de sel, vestiges d’une époque durant laquelle la mer inondait encore la dépression du Danakil.
Paysage post apocalyptique, Ethiopie, Volcan Erta Ale

Paysage post apocalyptique, Ethiopie, Volcan Erta Ale
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Ethiopie: Le volcan Erta Ale et son lac de lave
L’Erta Ale est un volcan éthiopien situé en région Afar, au nord-est du pays, dans le massif de la vallée du Grand Rift. Avec ses 613 mètres d’altitude pour 30 kilomètres de diamètre à sa base, il s’agit d’un volcan de type « bouclier », caractérisé par une forme très aplatie.
Au sommet de ce volcan extrêmement actif se trouve une caldeira abritant deux puits. Le puits sud, de 200 mètres de diamètre, est le plus impressionnant : il renferme un lac de lave permanent dont la roche en fusion atteint les 1200 degrés Celsius. Son niveau fluctue constamment ; après avoir débordé en janvier 2017, il offrait en avril un spectacle cyclique de vidage et remplissage, visible dans les vidéos en fin d’article.
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Eglise de Yemrehana Krestos, Région Amhara, Ethiopie
Eglise de Yemrehana Krestos, Région Amhara, Ethiopie
Yemrehanna Krestos est une église éthiopienne orthodoxe construite à l’intérieur d’une grotte, au pied de l’Abouna Yossef, une montagne culminant à 4190 m. Elle tire son nom du roi Yemrehanna Krestos de la dynastie Zagoué qui règna au XII ème siècle de notre ère, et qui en ordonna la construction
Ethiopie: Le massif du Simien
Le Massif du Simien, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1978, est une zone montagneuse située dans la région des « Hauts Plateaux d’Éthiopie ». De par leur altitude, ces plateaux offrent un climat plus frais et plus humide que les régions avoisinantes, facilitant l’activité des habitants, principalement de petits agriculteurs. Il est même possible d’y faire pousser du café.
Le massif abrite également plusieurs espèces animales endémiques. Les plus remarquables sont le babouin gélada et le loup d’Abyssinie. Ce dernier est l’un des canidés les plus rares au monde : il n’en resterait qu’environ 500 vivant à l’état sauvage.


Soleil couchant sur les hauts plateaux éthiopiens
Gélada – Theropithecus gelada, Ethiopie
Le labour, Ethiopie
Ethiopie