L’Apollon : un survivant de l’ère glaciaire

Papillon Apollon (Parnassius apollo rhodopensis) déployant ses ailes dans les montagnes

Un vol lent et puissant, porté par les courants thermiques des sommets.

Relique des époques glaciaires, l’Apollon est l’un des rares papillons capables de vivre à des altitudes dépassant les 2 000 mètres.

Son corps trapu est recouvert d’une fine pilosité noire qui agit comme un manteau thermique, lui permettant de capter la moindre calorie solaire dès l’aube. Contrairement à beaucoup d’autres papillons, son vol est lourd, presque planant, rappelant celui d’un petit oiseau. Cette économie d’énergie est vitale dans un environnement où le vent et le froid règnent. Observer cette silhouette blanche se détacher sur le bleu profond du ciel alpin reste l’un des moments les plus magiques pour un photographe de montagne.

L’Apollon (Parnassius apollo) : le joyau fragile des sommets

Papillon Apollon (Parnassius apollo rhodopensis) sur une fleur, Alpes, France

Symbole fragile des paysages alpins, l’Apollon rappelle la richesse — et la vulnérabilité — de la biodiversité de montagne.

Renaissant chaque été sur les versants ensoleillés des Alpes, l’Apollon (Parnassius apollo) est l’un des papillons les plus emblématiques d’Europe.

Ses ailes blanches, parsemées de taches noires et de deux grands ocelles rouges bordés de noir, ne sont pas seulement esthétiques : elles servent à effrayer les prédateurs en simulant les yeux d’un animal plus grand. Très sensible aux variations de température, l’Apollon est un « baromètre » du changement climatique. Ses chenilles dépendent exclusivement des plantes grasses (comme les orpins) qui poussent dans les éboulis. La fermeture des milieux ouverts et le réchauffement global poussent aujourd’hui cette espèce à migrer toujours plus haut vers les sommets.

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